Lilypie L'attente Ticker

jeudi 26 mars 2009

A l'école de la patience...


C'est ce qu'on appelle "un mois blanc", un mois sans attributions, un mois de patience muette mais pas inquiète, un mois à te désirer en tremblant de ne jamais t'atteindre tout en sachant qu'on finira bien par se réunir tous les trois...Quel imbroglio de sentiments ou ressentis complexes..

J'ai trouvé un article du docteur Chicoine, spécialiste de l'adoption et surtout papa adoptant qui parle de la rencontre tant attendue et redoutée à la fois...Les surprises sont toujours excitantes et terrorisantes; il parle aussi de l'attachement qui n'est jamais borné à un instant T mais qui est ce fil ténu à tricoter patiemment:


"Coté parents ou coté enfant, les sentiments positifs ou négatifs ressentis intensément au moment du premier contact ne sont donc ni la garantie du succès, ni au contraire l'échec annoncé de l'attachement et de l'amour.

Une adoption, tout comme une naissance, c'est la rencontre de deux êtres totalement différents qui ne se connaissent pas encore. Une adoption, contrairement à une naissance, c’est la rencontre de deux êtres qui ont déjà des trajets de vie faits de ruptures, de pertes et de deuils. Ces deux êtres ont absolument besoin l'un de l'autre, mais entre eux, tout reste encore à bâtir. Les outils de travail ne sont pas également distribués : les parents sont au parfum du désir, l’enfant pas encore.

À partir de là, il va donc falloir « construire », et non simplement « se satisfaire ».

L'attachement est un processus organique, émotif, mystérieux, lent et souvent difficile qui va exposer en quelque sorte le système limbique de l’enfant à celui de son parent. Il y a un écart immense entre tout l'amour et le rêve que les parents adoptants mettent dans ce premier moment qui devrait être « magique » et le choc de totale impuissance, de déracinement pour l'enfant qui ne comprend strictement rien à ce qui lui arrive puisqu’il ne possède pas encore de lien de confiance avec son nouveau tuteur.

Une bouée de sauvetage
Tout ce que l’enfant sait et sent c'est que l’essentiel, sa réalité triste et difficile, vient de disparaître comme un tapis que l'on enlève sous ses pieds ou un bateau qui vient de couler.

Et quand le bateau coule, qu'est-ce qu’on fait?

On s'accroche désespérément à la première bouée de sauvetage, ou, au contraire, on refuse de s’y accrocher pour tenter de retrouver la bouée à laquelle on est habitué. Si la bouée nouvelle est la nouvelle maman ou bien le nouveau papa, il ne faut pas être naïf et penser qu'il y a là « un message » caché d'amour instantané pour une nouvelle bouée ou de rejet de l'autre bouée. Un enfant rivé sur son parent dans les minutes ou les heures qui suivent la rencontre est un enfant en peur, pas un enfant « lové » dans le confort parental; c’est un enfant qui reproduit le modèle d’altérité qu’il a ou n’a pas eu avec sa mère de naissance, sa nourrice ou un enfant plus âgé que lui.

Nombre de parents adoptants, dans leur désir de vivre cette relation intime et merveilleuse tellement espérée pendant tant d'années, font malheureusement des interprétations erronées et projettent à travers les comportements des enfants ce qu'ils souhaitent tant : l'amour instantané ou ce qu'ils craignent le plus, le rejet instantané.

Alors qu’il n’en est rien; qu'il s'agit d'un choc, c'est tout. Un tout petit choc, ou un grand, ça dépend."

Sources
Adapté de Chicoine, JF, Germain, P. et Lemieux, J. L’enfant adopté dans le monde en quinze chapitres et demi, Montréal, Éditions de l’hôpital Sainte-Justine, 2002.

lundi 9 mars 2009

Retour de Venise.


Me voilà revenue de la ville la plus romantique..même si avec 68 lycéens, elle l'était moins...Toutefois, c'est avec émotion que j'ai revu la magnifique, la sérénissime Venise. Je me suis jurée d'y revenir bien vite avec Arnaud...

Côté adoption, rien de neuf: pas de nouvelles attributions. Nous avons fait la connaissance d'un couple d'adoptants très sympathique et avons fêté, autour d'un verre, leur agrément et notre progression.C'est bon de croiser nos parcours, de partager nos moments forts et nos moments de doute, de comparer nos émotions qui, bien souvent, sont similaires....

Voilà pour la petite humeur du jour...Je pense aussi, et tout spécialement, en ce début de semaine à ma douce maman qui rencontre quelques petits soucis de santé. Je lui envoie toute ma force et ma tendresse !

J'ai aussi une pensée pour les natifs du mois de mars de notre famille: François-Dongi, mon adorable filleul tout là-bas en Corée, Vincent, André, mon adorable tatie françoise qui n'est plus là mais qui est toujours là......Notre famille est notre force....Ce doit être l'esprit rital qui m'inspire ces mots...

Allez, le clan des Siciliens du Gard vous salue bien!